Fonky family

Fonky family
Fonky family

Janvier 98, l'alerte est donnée, la scène rap s'ébranle avec "Si Dieu veut", premier album de la Fonky Family. Les sept membres du clan phocéen "soudés à la vie à la mort" ne laissent personne indifférent. "Si Dieu veut " atteint le double disque d'or (200 000 exemplaires) 2 ans après sa sortie.

Le groupe formé en 1994 s'est aguerri sur scène pendant 4 ans (d'abord locales puis dans toute la France), s'est illustré en 1995 sur l'album solo d'Akhenaton avec le titre "Bad Boys de Marseille", avant de rentrer en studio pour son premier album. Dans les trois ans qui ont suivi la sortie, la F.F. de Mars n'a pas chômé. Le groupe - moyenne d'âge 25 ans, "des gars plus vrais que nature, ce côté pieds sur terre et à la fois immature" - part à la rencontre de son public en France et dans les pays francophones: une tournée sold-out de 50 dates qui passe par l'Olympia, les Francofolies de Montréal, le festival de Montreux, et bien sûr 2 soirs à l'Espace Julien de Marseille.

Le EP qui suit en 1999, "Hors Série volume 1" (lui ausssi disque d'or) regroupe titres live et nouvelles compositions, et témoigne de leur énergie sur scène. Les membres de la F.F. sont sollicités pour de nombreux featurings, ensemble ou en solo ils participent à toutes sortes de projets (BOF, compilations, albums, maxis, singles...).

Le succès du groupe n'entame en rien sa détermination et sa rage. Ne change rien non plus au mode de vie ou de pensée de ces francs-tireurs du verbe et du son. "S'assumer en vivant de sa passion, c'est mortel, peu de gens arrivent à le faire de nos jours, on est des privilégiés à ce niveau là. Mais on n'est qu'en cours de route. On regarde devant, même si tout ce qu'on a vécu, c'est gravé en nous, on ne pourra plus jamais s'en défaire. L'argent qui peut arriver, ou le regard des autres qui change, ça c'est la vie, mais avant tout on reste ce qu'on est”.

Attendue au tournant du second album, la F.F. poursuit donc sa croisade, avec ce second album "Art De Rue" signé chez SMALL. Et s'il fait preuve d'une maturité acquise à force de travail et d'expérience, la furie et la foi qui animaient "Si Dieu Veut" marquent toujours cet "Art De Rue". C'est indéniable, le clan a encore progressé techniquement, et confirme son obstination à enchaîner lyrics ultra réalistes et formules incisives posés sur des fonds sonores bien distinctifs. La sincérité semble bien le maître mot de l'album, qui arrive quelques mois après la sortie de l'opus solo du Rat Luciano "Mode De Vie – Béton Style". On y retrouve l'ingénieur du son Mario Rodriguez (Mobb Deep, Mary J Blige, LL Cool J...) déjà présent sur "Si Dieu Veut".

"Art De Rue" a une signification particulière pour le groupe. Ce morceau qui a donné son nom à l'album rend hommage au hip-hop, à ses disciplines moins souvent mises en avant, et à ses partisans. Logique, puisque les membres de la F.F., aux styles et personnalités bien différentes, ont grandi avec depuis leur adolescence. Le hip-hop, ils le vivent, le ressentent, le respirent. "C'est un besoin, ça ne s'explique pas, c'est une drogue, on y a goûté, ça nous a plu et maintenant on en redemande, on est nos propres dealers...”

Tour à tour contestataire, provocatrice ou attachante, la Section Nique Tout évoque son quotidien et la rue de façon plus posée, en affûtant les mots et leurs sons. "On est à l'image de la vie, entre deux feux. Nos vies, elle ne sont ni pourries, ni joyeuses, mais c'est un mix des deux" dira la F.F. Et si la thématique demeure constante depuis "Si Dieu Veut", c'est bien que leur vie n'a pas changé et reflète leur monde cru. Hommage aux proches ("Les miens m'ont dit"), ou ode à la nuit ("Tonight"), prendre le micro n'est jamais un acte gratuit pour la F.F. Sa force est de parvenir à mélanger mélancolie, rage, humour et espoir.

Musicalement, l'album repousse plus loin les frontières du genre. Pone sculpte des sonorités différentes et novatrices, aux effets lancinants avec un côté minimal et entêtant, et aux influences eighties. DJ Djel déploie avec brio toute sa dextérité en matière de scratchs, composant même un titre (le freestyle final), le Rat Luciano en signe cinq. "Il y a toujours un son F.F., ce qui fait que ça se ressemble, même si les tempos se sont accélérés, parce qu'on voulait un truc qui prenne les gens. On essaye plutôt de surprendre."

On notera des featurings issus du clan: Troisième Oeil, Costello, Le Venin, "des gens qui ont toujours été là, depuis le début de l'aventure de la Fonky Family" et Faby, pour les choeurs féminins.

Mais laissons-leur le mot de la fin: "Pour vraiment comprendre F.F., il faut écouter l'album, il y a plein de morceaux qui ont des touches et des couleurs différentes, ils dégagent tous quelque chose de particulier. On fait de la musique pour prendre notre pied, et puis ça donne ce que ça donne. A l'arrivée, on n'a pas des morceaux de 3 minutes 40 bien structurés avec des refrains qui ressemblent d'ores et déjà à des singles, on ne travaille pas dans cette optique là."
Le dernier album en date de la FF s'intitule MARGINAL MUSIQUE, connai un beau succés avec de très bon titre.

FONKY FAMILY :
Le Rat Luciano - rappeur
Don Choa - rappeur
Sat - rappeur
Menzo - rappeur
Fel - rappeur
Pone - compositeur
Djel – DJ
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# Posté le mercredi 14 mars 2007 07:39

Modifié le samedi 25 juillet 2009 12:11

IAM

IAM
IAM

Flashback: Philippe, déjà surnommé Chill, découvre le rap américain "in situ". Petit Français en squat prolongé à New York, il a rencontré tous les acteurs de la scène hip hop à New York dès la fin des années 80.

Pour la légende, c'est son blouson du Coq Sportif qu'arbore fièrement le rapper du Bronx T La Rock sur la pochette de son plus fameux album. Et c'est à New York que Chill pose le premier rap en français sur un maxi américain: son featuring sur This Is The B Side de Choice MCs en 1988 est le premier d'une longue série.

Marseille

Retour à Marseille: après des balbutiements en compagnie de son ami Eric Mazel (qui a pris comme nom de scène DJ Kheops) sous les patronymes Lively Crew (1986/1987) et B-Boy Stance (1988/1989), Chill se ligue avec un danseur qui rappe, Geoffroy, alias Jo, qui deviendra Shurik'n. Les années de formation sont aussi les années de plomb, mais la passion remplace les finances.

Le complice des quartiers Nord, le danseur Abdel Malek Sultan, se joint à la troupe en compagnie de l'autre danseur, Kephren. Enfin, le plus âgé Pascal Perez, devenu Imhotep, s'impose comme l'"architecte" du son IAM. Les six acteurs de la saga sont en place.

Premier coup d'éclat: forcer la chance et enregistrer fin 1989, dans le home studio du groupe Massilia Sound System, une cassette auto produite titrée Concept qui pose les bases de leur philosophie. Malgré un budget proche de zéro, le résultat est stupéfiant.

On y trouve les premières versions de morceaux tels que Red, Black & Green et Total Kheops, ainsi que les samples égyptologiques tirés du son et lumière de Louxor.

Car IAM n'est pas un groupe rap comme les autres, et le public va vite s'en apercevoir: là où d'autres utilisent l'énergie brute et l'argot de la rue, IAM double son vécu urbain d'une couleur world et de références historiques. La première apparition parisienne sera... les premières parties des trois concerts du Blonde Ambition Tour de Madonna à Bercy en juillet 90.

... De La Planète Mars

Repérés par le directeur artistique de Labelle Noire, une structure de Virgin France, les six membres d'IAM se retrouvent à enregistrer un premier album, ... De la planète Mars, qui va marquer la jeune histoire du rap en français: pour la première fois, un groupe de rap prouve qu'il a le souffle pour tenir la distance sur tout un CD, alignant les tubes (Planète Mars, Red, Black & Green) et les morceaux plus introspectifs (Le Nouveau Président, Tam Tam de l'Afrique) sans oublier l'humour (Attentat et Disco Club, qui s'avère être la première version du Mia).

Même la musique orientale est représentée (Do The Raï Thing), et le CD se conclut avec Rapline II, le générique de la seule émission télévisée rapologique (sur M6) qu'ils ont écrit spontanément. Sorti en mars 1991, l'album ne sera disque d'or que des années plus tard.

Ombre est Lumière

Après une année 92 plutôt calme qui voit la sortie du troisième single Planète Mars, IAM se lance en 93 dans l'enregistrement du toujours difficile second album, qu'ils veulent double. Une ambition qu'ils devront défendre face à une maison de disques d'abord réticente, puis convaincue: enregistré près d'Aix-En-Provence et mixé à New York, Ombre Est Lumière sort en novembre 93, précédé d'un single à tirage limité (Donne-moi le micro).

Jamais auparavant un group de rap français n'avait fait montre d'une telle ambition: en deux volumes de 40 titres, IAM réinvente la musique hip hop, mélangeant les styles et alignant les tubes.

Remixé avec un sample imparable de George Benson (Give Me The Night), Le Mia devient le premier tube rap à occuper le numéro un des ventes nationales. Un raz de marée suivi d'un "bis" avec Le feu, hymne des stades et notamment du Vélodrome de Marseille adapté d'un air de polka.

La tournée nationale qui suit Ombre Est Lumière prend une nouvelle dimension avec le succès phénoménal du disque: la tournée "Le Dragon s'éveille" traverse la France, s'arrêtant au Printemps de Bourges le 21 avril 94 et une semaine plus tard à Paris pour deux shows archi complets.

C'est aussi l'époque où l'on voit IAM à la télé, et pas dans les émissions de variétés: chez Michel Field (où il cloue le bec d'Alain Madelin avec des arguments de poids) ou à Envoyé Spécial sur France 2.

Victoire de la musique

En février 1995, les Victoires de la Musique consacrent IAM "groupe de l'année", l'occasion pour Chill d'une émouvante dédicace "pour que cette victoire soit une partie infime de la victoire éternelle de la musique sur les défaites de l'humanité".

Hyperactif, Akhenaton sort cette même année son premier album solo, Métèque et Mat. Très personnel, ce recueil de raps entre nostalgie et introspection lancera par rebond le groupe marseillais Fonky Family, invité sur le tube Bad Boys De Marseille.

Les albums solo des frères d'arme de Chill suivront: celui de Shurik'n en 1998 (Où je vis, double disque d'or), suivi de peu par l'album world instrumental d'Imhotep Blue Print et l'année suivante par celui de Malek, l'ex danseur devenu rapper sous le patronyme de Freeman (L'palais de justice, disque d'or).

Le DJ Kheops, quant à lui, se lance dans la fondation de son label, Sad Hill, dont la première sortie sera une compilation éponyme regroupant sur deux CDs les meilleurs espoirs du rap français, de Paris comme de Marseille (X-Men, Def Bond, Hi Hi, Pit Baccardi, Faf Larage, etc).

Ecole du Micro d'Argent

Le futur d'IAM se joue aux Etats-Unis: en effet, le second semestre 96 est celui de la finition du plus ambitieux projet d'IAM, son troisième album titré L'Ecole du micro d'argent. Alors que l'enregistrement est achevé, Akhenaton décide de tout revoir, de rajouter des chansons et de remixer la plupart des titres sélectionnés. Du coup, le disque est repoussé au début 97. Il ne contient aucun "Mia", pas d'hymne façon Le feu et aucune trace de galéjade. L'ambiance est sombre, épique, truffée de morceaux de bravoure (L'enfer, La saga, Nés sous la même etoile) et de titres émouvants (Petit frère, Un cri court dans la nuit).

Le disque se conclut avec un rap rageur de dix minutes, Demain c'est loin, interprété par Akhenaton et Shurik'n d'une traite, sans refrain.

Les clips des morceaux La saga et L'empire du côté obscur sont pharaoniques, titanesques. Leur budget dépasse le million de francs et les effets spéciaux de La saga, qui met en scène un monstre façon "Alien", est même une influence pour RZA, le fameux mentor du Wu-Tang !

L'Ecole du micro d'argent finira par s'écouler à plus d'un million d'exemplaires, un record absolu pour un groupe de rap.

En 1998, alors qu'IAM est invité aux Victoires de la Musique, le groupe tétanise le public de ministres, PDGs de majors et autres officiels grâce à une prestation terroriste: IAM interprète Independenza avec une cohorte de soldats cagoulés façon FLNC et marque une nouvelle fois l'histoire de cette prestigieuse cérémonie.

Intéressé par le son, Akhenaton ne veut pas se contenter de rapper mais veut aussi produire. On entend son travail sur de nombreux titres de rap français, pour des remixes ou des sons originaux avec les meilleures plumes du hip hop hexagonal.

Comme un aimant

C'est un morceau d'Ombre Est Lumière, L'aimant, qui est à l'origine du long métrage "Comme un aimant", dont Bruno Coulais co signe la musique avec Akhenaton.

Un pur tube de rap marseillais sort du lot, Belsunce Breakdown de Bouga, hit des clubs au refrain chanté par Freeman. À la fois interprète, rapper, producteur et chef d'orchestre, Akhenaton se surpasse pour ce projet hors du commun et enregistre sur la B.O. avec les légendes de son enfance: Isaac Hayes, Millie Jackson (qui chante en duo avec Shurik'n), Marlena Shaw, The Dells, Dennis Edwards des Temptations et Cunnie Williams.

Mais si 2000 restera à jamais l'année de "Comme Un Aimant" pour AKH et sa clique, 2001 marque le début des grandes manoeuvres pour IAM.

Avant de réactiver la machine IAM, Akhenaton lâche son second solo, sol Invictus. Disque d'or quasi instantané, cet album spirituel évoque sur un titre les tours du World Trade Center et est masterisé le jour même de l'attentat sanglant sur les tours maudites.

A l'avant-veille du premier tour des élections présidentielles, Akhenaton donne chez lui, à Marseille, son premier concert en solo. Il y interprète les titres phares de Sol Invictus et fait monter sur scène ses amis et alliés Psy 4 De La Rime et Chiens de Paille.

Revoir un Printemps

Ce concert symbolique marque aussi la fin du cycle des collaborations et des solos: en effet, 2002 est l'année de la reconquête pour IAM.

Première étape: la sélection des instrus. Une cinquantaine de titres réalisés par les quatre concepteurs sonores du groupe (Imhotep, Akhenaton, Shurik'n, DJ Kheops) sont maquettés, puis mis bout à bout sur un DAT afin que le groupe choisisse à main levée ceux qui méritent de devenir des morceaux à part entière.

La première innovation audible sur les 17 chansons de Revoir un printemps, c'est bien sûr la prise de micro de Freeman, désormais à égalité avec ses frères d'arme AKH et Shurik'n.

"IAM n'est pas l'ANPE", résume Akhenaton pour ceux qui penseraient que l'inclusion de Malek se résume à du copinage marseillais. Depuis "Independenza", l'ex spécialiste des interludes comiques ne plaisante plus quand il s'agit de lâcher des rimes définitives.

Pour donner une dimension internationale à leur nouveau projet, IAM veut des invités américains. Redman et Method Man répondent présent à l'invitation du gang sudiste, et qui débarquent un beau jour sur la planète Mars avec des rimes de tueurs dans leur sac à dos. Deux jours et deux nuits de joutes verbales qui laissent les Marseillais avec des souvenirs éternels et un titre en béton, Noble art.

Beyoncé, de Destiny's Child, craque sur le titre Bienvenue, qui se retrouvera en simultané sur Revoir un printemps et sur Dangerously In Love, l'album solo de la nouvelle reine du r&b. Syleena Johnson répond présent elle aussi, et apporte une touche de soul au tragique Ici ou ailleurs, chanson poignante sur le viol dont la justesse des paroles en fait un des sommets de ce disque décidément hors du commun, si loin des sentiers battus d'un rap français obsédé par les caïds en carton.

Presque quinze ans après leur cassette autoproduite Concept, IAM reste fidèle à ses rêves, à ses ambitions et à son public, gardant le même esprit combatif, le même "Mental de Viêt-Cong" et la même impétuosité pour nous livrer Revoir un printemps.

# Posté le mercredi 14 mars 2007 07:41

Modifié le samedi 25 juillet 2009 12:11

Kennedy

Kennedy
Kennedy

A peine plus de 20 ans, Kennedy n'est pourtant pas ce qu'on pourrait appeler un nouveau venu. Son son tourne déjà depuis un bout de temps dans le désormais célèbre département du 94 et même bien au delà.

Ali Touré de son vrai nom n'a pas attendu longtemps pour se mettre au rap. A 14 ans, lorsqu'il débute ça n'est alors que pour le plaisir de la rime, celui de la musique et bien sûr la fierté de représenter son quartier et les siens.
Grâce à un grand frère passionné de musique, il grandit en écoutant les classiques de rap made in USA (Biggie, Nas, Wu-Tang, etc..) qu'il conjugue avec l'élite du rap français (Ideal J, Time Bomb, Mafia K1fry , etc..). Kennedy est alors touché par cette émulation musicale qui révolutionne alors le paysage musical français. Les valeurs véhiculés alors par cette musique, qui sont l'amour du style, la représentation des minorités et l'esprit de compétition l'amènent rapidement et naturellement à prendre le micro.

De ses premiers textes aux premiers concerts de quartier, Kennedy va continuer encore et toujours à pousser la rime un peu plus loin. Il décide de passer à la vitesse supérieure et de s'exporter en dehors des limites de son département.
A 17 ans il enregistre son premier maxi via le label 357 Records et sort un maxi 4 titres, « Kennedy Le Sale Gosse ». Il y invite ses partenaires en rime : Diam's & Sinik . On retrouvera également Intouchable sur un des titres.
Pour la première fois il va se confronter à une audience et à la critique extérieure.
Grâce à un bon travail indépendant son disque arrive dans les rédactions des différents magazines spécialisés. Les critiques sont unanimes pour qualifier ce premier projet d'abouti et de très prometteur. Le magazine Groove dira même de lui qu'il fait parti de l'avenir du rap français.
Avec ce maxi le public découvre un jeune rappeur talentueux, fougueux mais aussi lucide. Kennedy n'a pas froid aux yeux, ne mâche pas ses mots. Mais surtout on remarque vite son amour pour le rap qui claque tant il tient a réaliser une performance à chacune de ses apparitions. Le plus étonnant est peut-être son sens de la chanson. Alors qu'il s'agit de son premier projet, le jeune MC présente des titres étonnement bien réalisés : couplets & refrains s'harmonisent à merveille et remplissent toujours leur fonction. Le tout offre toujours une ambiance cohérente du début à la fin.
Consciente de son potentiel, Diam's va lui demander de l'épauler sur scène et l'invite alors sur toute sa tournée nationale. Il y fera ses premières grosses scènes aux côtés de Sinik.

Cette période va constituer une étape clé dans la construction de Kennedy en tant qu'artiste. Cela va être pour lui l'occasion de rencontrer différents publics et en même temps de développer une vie scénique à sa musique. Il va également approfondir les plaisirs de l'émulation de groupe, puisque avec Diam's et Sinik ils vont développer une forte affinité artistique au point que dans l'euphorie du moment ils parleront même d'un projet d'album commun.
L'idée n'était certes pas mauvaise mais à cette époque Kennedy ne voit pas encore la musique comme un projet de vie, et la perspective d'une carrière est alors encore très abstraite. Kennedy se contente de donner le meilleur de lui et de vivre le moment présent.

De retour à Villeneuve le Roi le rêve s'arrête, même s'il est invité sur différent projets indépendants, il retourne rapidement dans une vie de quartier mouvementée et se fais davantage remarquer par les faits divers que par la musique. Cette période va durer un certain temps pendant lequel Kennedy va se faire rare et observer l'industrie du disque plus que de la pénétrer.
Toujours aussi passionné de musique, Ali continue à se nourrir de rap et à construire son univers musical. Quelque peu déçu par une grande vague commerciale qui à ses yeux oublie trop souvent les fondamentaux du Hip Hop, Kennedy réalise alors l'importance d'exprimer une sonorité qui lui ressemble et qui lui serait propre.
Il aura quelques propositions pour sortir de nouveau projets mais n'en fera rien à ce moment là.

Inévitablement après avoir pris pas mal de recul l'envie et le projet de retourner au front vont naître. Epaulé d'un nouvel associé/manager et d'Akos pour la musique il va produire quelques nouveaux titres via le Label 1 Temps D'Avance (Futur, Flashback). Les titres vont quelque peu tourner sur les ondes des émissions spé et cela sans même avoir de disque dans les bacs. Ses titres vont également passer par les oreilles des « insiders » de l'industrie et c'est en très peu de temps que le nom de Kennedy va gagner une nouvelle dimension. Des dires de ses pairs dans la musique il s'est révélé comme étant la prochaine grosse sensation du rap français. Lors d'une interview, on demandera à Booba s'il écoute du rap français, et il répondra Kennedy.
Il est alors invité sur une multitude de projets. Il faut battre le fer quand il est chaud et Kennedy l'a compris. Cela nous conduis aujourd'hui au projet « Flashback». Un cd très abouti sur lequel on retrouve essentiellement de titres inédits mais aussi de quelques titres qui ont contribuer à son « Buzz ». Les invités ne sont autre que ses proches dans la musique à savoir : Disiz, Diam's, Sinik, Les productions sont assurées entre autre par Akos (Dadoo, Akhenaton, Taxi 2), Medeline (Booba, Sat, Pit,...), DJ Komplex (Disiz, Busta Flex, Sniper), et Teknik (Funky Maestro).
Conscient de ce qu'il vaut mais aussi du fait qu'il a tout à prouver, Kennedy entend bien marquer les esprits. A l'écoute de ce EP on se dit qu'il est sur la bonne voie!
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# Posté le mercredi 14 mars 2007 07:43

Modifié le samedi 25 juillet 2009 12:10

Kool shen

Kool shen
Kool shen

Activiste Hip-hop depuis maintenant 20 ans, est-il besoin de rappeler qu'apres être passé par le break dance et le graffiti, porté par le possse 93 NTM, kool shen a monté aux cotés de Joey Star le groupe qui a fait la réputation de Saint-Denis et marqué durablement l'histoire du rap français et même au-dela ?

Est-il besoin de rappeler que suprême NTM fut en son temps le groupe le plus controversé, adulé par les inconditionnels, mis aà l'index par diverses préfectures ?
Faut-il rappeler qu'un tribunal avait même été jusqu'à les interdire "d'exercer la profession de chanteur de variétés pendant 6 mois" pour propos outrageants envers les forces de l'ordre ?
F ut-il rappeler encore que "Authentik", "J'Appuie sur la gachette", "Paris sous les bombes" et le dernier opus sont autant d'albums qui ont secoué les platines de centaines de miliers de fan ?
Certains auraient-ils oubliés que kool shen a monté avec quelques proches et compagnons de route le label IV My People par lequel ont transité busta Flex, Lord Kossity, Serum, Salif, Nysay,Les Spécialistes et Toy ?

Longtemps, Kool Shen a pensé qu'un album solo n'était pas a l'ordre du jour. A l'heure ou une reprise des actrivités NTM semble plutot improbable, après avoir longuement laisser mûrir la question, le solo est laché. il aurait été vain de sortir un album par defaut ou par dépit. Aussi, ces quelques années de tergiversations n'auront pas compté pour rien.
Les titres plutot introspectifs et rentre dedans égrainés sous le sceau IV My People ont offert à Kool Shen une récréation de qualité. Plus que quiconque, Kool Shen sait aujourd'hui qu'un glorieux passé ne suffit pas a imposer n'importe quel présent. aujourd'hui, ce sont 15 ttres avant tout personnel qui sont livrés.

Dans les textes, soucieux de donner un peu plus de chair, le ténébreux "Qui sui-je"...interrogation-bilan de pas mal d'années à incarner un personnage public sans forcéement se livrer en pâture, introspection courageuse lorqu'on n'a forcement pas le droit à l'erreur et aux faiblesses.

Bande son d'un film noir virtuel, "y suffit d'un rien"... flagrante évidence que rien n'est acquis et certainement pas la vie. Purement émotionnel, "Un ange dans le ciel"... inévitable hommage rendu à Lady V, celle qui fut la compagne, l'amie, l'activiste (taggeuse,danseuse au sein de NTM à leurs débuts).

Dans les textes encore, soucieux de s'éloigner de toute démagogie. Accompagné d'un chanteur gitan, "OH no" replace la cité au centre des mots avec l'honnête recul d'une condition plus radieuse et de l'âge.

"C'est mal barré" entame le bilan provisoire d'une entrée à cloche pied dans le XXIème siecle. Dans les raps qi traduisent comme une lasitude à étaler les effets les plus esbrouffants, plus fluide. Une voix souvent trainante aux accents toniques bien placés.

Mais jamais Shen se laisse aller à la facilité. Le travail sur les techniques de placements de voix, le gout du jeu, de la forme sont toujours présents, essentiellement au service du texte.
Dans les musiques essentiellement l'oeuvre de Madism et Sec undo, les deux concepteurs musicaux maison de IV My People, artisans de la precision, puissant dans le meilleur de la musique afro-americaine pour lancer de spistes sombres:melancoliques, rentre-dedans ou dance floor. envolée de violons, guitares acoustiques satinées ou cocottes funky, basses profondes, beats claquants...Le tout patiemment et précautionneusement mis en forme pour que fonctionne l'alchimie.

Et l'heure n'est certainement pas qu'aux larmes et aux regrets. Le grandiloquent "On a enfoncé des portes", tel une musique de péplum moderne appuyé par les interventions nerveuses des anciens compagnons de route Psykopat, rappelle un parcours exemplaire et régle quelques comptes au passage.

Les pulsions funky sont également au rendez vous! avec le rutilent "Two shouts IV My People", sur lequel l'ambianceur americain Big Ali reprend le role originel du MC, la temperature monte d'un cran avec l'entrainant "Le retour du babtou". Cotés invités, l'album tranche par sa sobriété avec l'esprit bande IV MY People.

Mais ce sont deux griffes de marque...Zoxea imprime un "change de style" entêtant et Oxmo Puccino glisse sur un superbe "Dernier Round" au subtil alliage piano-claviers-cordes tout en melancolie. Pas de grands écarts entre les styles. C'est au contraire une vraie coherance qui inscrit cet album dans une suite du supreme NTM, avec des accents récréatifs. Le bon équilibre entre l'écriture et la pure forme. ... Pas de doute, Kool Shen est toujours là !!

# Posté le mercredi 14 mars 2007 07:45

Modifié le samedi 25 juillet 2009 12:10

Nessbeal

Nessbeal
Nessbeal

« Karima, Karima, kiffe les Baccara ... » Après un couplet légendaire sur le fameux Baby de Booba à coup de rimes à 24 carats, Nessbeal a.k.a. « le canon scié en featuring » fait son grand retour en solo. Car, même s'il doit beaucoup à ses expériences avec le B2O et le 9.2i - comme il le reconnaît volontiers - le temps est maintenant venu pour le rappeur de voler de ses propres ailes, avec à la clé une signature chez Nouvelle Donne connu pour avoir boosté la carrière de nombreux MC's tels Disiz la Peste ou Ol' Kainry.

L'heure aussi de faire parler toute son expérience du bitume, comme sur « B.E.C.T. (Bitume Expérience Connaissance du Terrain) », un 1er titre balancé en prélude de son album à l'intitulé tout aussi évocateur « La mélodie des briques ». Né à Boulogne-Billancourt, Nessbeal vit un temps à Sevran Beaudotte avant de déménager à Villiers-sur-Marne dans le 9.4 où il crèche encore aujourd'hui. C'est là qu'il fait la connaissance du terrain, de la vie de tess avec ses bons moments, les après-midi passées à taper le cuir contre le mur, les barbecues et les fêtes de quartier, mais aussi ses mauvais côtés. « J'ai versé mon sang dans la cité » avoue-t-il, comme pour mieux illustrer le propos de Booba sur « Hors-saison » : « elle est belle, cruelle, triste, elle est brutale, la mélodie des briques fait mal. »

C'est là également qu'il fait ses 1ers pas dans le rap à 12 ans quand un pote fait appel à lui pour une scène lors d'une fête de quartier. Il se découvre alors une passion même s'il ne se destine pas forcément à rapper. Quelques années plus tard, en 97, Ness sortira quand même un 1er maxi « Les gosses » avec Dicidens, le groupe qu'il forme aux côtés de Zessau et Korias. Un déclic qui l'amènera ensuite aux côtés de Lunatic puis Booba pour un duo sur la B.O. de « Taxi 3 », « Les rues de nos vies », produit par Kore & Skalp.

Autant dire qu'aujourd'hui, Nabil, de son vrai prénom, connaît le ness-bi. Et il entend bien mettre à profit son vécu pour nous livrer un album évitant les clichés habituels du « rap de rue » avec des paroles travaillés au corps à corps et le souci de coller soigneusement à la réalité. « Enfin la tess racontée par ceux qui la vivent / pas pour ceux qui en rêvent / Mais pour ceux qui en crèvent » pour reprendre le refrain de « B.E.C.T. » Après avoir déjà coulé sa plume dans le goudron pour le 1er opus de Dicidens « HLM Résidants », Nessbeal s'est donc remis à l'ouvrage en commençant à distiller son « Rap de paria » au compte goutte sur divers projets en 2005 (la tape de Booba « Autopsie Vol. 1 », les compiles « Patrimoine du Ghetto » et « La Nocturne de Skyrock – Volume 1 »), tout en gardant toujours à l'esprit ses albums de référence : « Le mauvais ½il » de Lunatic, « Le code de l'honneur » de Rohff et « Le combat continue » d'Ideal J, « de gros albums dans les quartiers » comme il dit.

On comprend mieux dès lors la hargne qui s'immisce dans chacun de ses lyrics, celle du ghetto youth élevé sur violents breakbeats, sans diplôme, qui a arrêté les cours en 3ème et qui n'a que sa seule expérience du béton pour survivre. Mais, cette rage ne le rend pas pour autant aveugle. Elle le force au contraire à jeter un ½il, sombre mais lucide, sur le monde qui l'entoure, comme lorsqu'il dresse le portrait de ces « princesses au regard triste » qui élèvent seules leurs gosses et qui sont « fatiguées de faire le tour de France des parloirs. » Une façon aussi pour le rappeur de rendre hommage à sa propre mère originaire de Casablanca au Maroc qui a débarqué en France avec plein de rêves en tête pour ne connaître que l'Enfer du décor...

Hardcore comme cette « mélodie des briques » qui résonne à n'importe quelle heure du jour ou de la nuit, sur les bancs comme dans les halls, été comme hiver. « Quand je sors dans mon quartier, j'ai l'impression que les murs chantent. Parce que même s'ils ont repeint les façades de nos immeubles, c'est à l'intérieur que les drames se jouent. » C'est le chant de la rue, de la romance noire, en un mot du Nessbeal et c'est depuis le 6 mars 2006 dans nos oreilles...
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# Posté le mercredi 14 mars 2007 07:48

Modifié le samedi 25 juillet 2009 12:10